Le temps de parole
Une ou deux personnes prennent presque toute la parole. Les idées des plus discrets, souvent très bonnes, passent inaperçues.
Des expériences ludiques, des résultats en direct sur grand écran : vos équipes mesurent ce que leur discussion apporte vraiment. Elles découvrent les biais de discussion, étudiés par la recherche scientifique, et repartent avec des méthodes simples pour mieux décider ensemble dès la prochaine réunion.
Avec Mehdi Moussaïd, chercheur en sciences cognitives à l'Institut Max Planck de Berlin, créateur de la chaîne YouTube Fouloscopie (575 000 abonnés).
Quand un groupe discute, certains mécanismes faussent la décision sans que personne ne s'en rende compte. Ce sont les biais de discussion, bien documentés par les études scientifiques. Pendant l'atelier, vous les mettez en évidence par des expériences ludiques, puis vous apprenez à les éviter.
Une ou deux personnes prennent presque toute la parole. Les idées des plus discrets, souvent très bonnes, passent inaperçues.
La première personne qui parle, ou le premier chiffre cité, donne le ton. Tout le reste de la discussion s'y accroche.
Le groupe s'attarde sur ce que tout le monde sait déjà. Ce que chacun est seul à savoir reste sous la surface, et la décision se prend sans.
En discutant, les avis ne convergent pas vers le milieu. Ils glissent vers les extrêmes.
Une idée dite par un chef, ou par quelqu'un qui passe pour expert, est acceptée sans examen, même quand elle est fausse.
Dans la première expérience de l'atelier, les participants, répartis en petits groupes, répondent à des questions d'estimation. Chacun donne d'abord sa réponse seul, sur son téléphone. Puis le groupe doit se mettre d'accord sur une seule réponse collective, en discutant. Les résultats s'affichent en direct, sur grand écran : on voit comment les avis individuels ont fusionné pour former un jugement collectif. Voici deux groupes qui ont répondu à la même question, avec la même consigne.
Dans ce groupe, les avis initiaux sont très dispersés (barres bleues, de 45 à 520). Mais le groupe écoute les avis de chacun et parvient à converger vers une valeur commune proche de la bonne réponse. Il fait mieux que chacun de ses cinq membres.
Dans ce groupe, quatre avis initiaux sont sous la bonne réponse (barres bleues, de 110 à 205). Mais la personne n°5, à 470, a trop d'influence : le groupe se laisse attirer vers son avis et finit à 450. Il fait moins bien que la moyenne de ses cinq membres.
Pendant l'atelier, l'écran affiche les résultats réels de vos groupes.
Dans un groupe de cinq personnes, la plus bavarde occupe plus de la moitié du temps de parole, tandis que la moins active n'en prend que 4 %.
Ce n'est pas anecdotique ! L'inégalité du temps de parole est le biais le plus commun en discussion. Dans une étude parue dans la revue Science, Anita Woolley et ses collègues ont montré que plus le temps de parole est équilibré (proche de la ligne pointillée), meilleure est la performance collective du groupe.

Dans la deuxième expérience, un groupe a disparu dans la forêt. Les participants, réunis par quatre, forment l'équipe de secours. Chacun reçoit des cartes d'indices incomplètes, différentes de celles des autres. Pour résoudre le mystère, le groupe doit mettre en commun ses informations. Sauront-ils éviter les biais de discussion ?

L'estimation en groupe et le jeu d'enquête, soit trois biais qui se vivent comme un jeu.
Conférence d'ouverture, les deux expériences, les cinq biais et comment les éviter.
Conférence d'ouverture, tous les biais de discussion, jusqu'à cinq expériences participatives, un temps d'échange pour approfondir.
De 12 à 50 participants, répartis en petits groupes. Chaque participant utilise son téléphone, et un grand écran affiche les résultats. Salle avec tables ou chaises mobiles.



« Le formateur sait vulgariser son sujet et animer de façon ludique et dynamique la session. »
Participant, Cercle des directeurs de l'EN3S, octobre 2026
Chercheur en sciences cognitives à l'Institut Max Planck de Berlin, spécialisé dans les dynamiques de groupe et créateur de la chaîne YouTube à succès Fouloscopie (575 000 abonnés). Auteur de deux livres de vulgarisation et de plus de cinquante publications scientifiques, il donne une vingtaine de conférences par an en France et à l'international, pour des entreprises, des institutions et des festivals scientifiques.


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